Parfois une seule personne
Parfois, une personne entre dans ma vie et ma retourne le cerveau. Je ne l’avais pas prévu, je ne l’avais pas même souhaité (ah bon?), je ne l’avais en tous cas pas vu arriver. Un jour mon esprit est libre et le lendemain il est envahi. Envahi par un regard, une sensation, ce truc impalpable. Petit à petit cette personne que je ne connaissais pas prend une importance existentielle… Alors je fais ce que je peux! Je sors mon scanner interne et j’analyse! Dans une vie, il n’y a pas qu’un seul amour, il en existe plusieurs, qui revêtent des formes et des sentiments différents. L’amour d’un instant, fulgurant, de passage, ce temps court et intense qui peut ressembler à une vie entière. L’amour passionnel brûlant, violent destructeur, qui m’approche au plus près de ma propre folie. L’amour tendre et complice qui donne au monde une beauté insoupçonnée, qui donne me véritablement des ailes, qui marque mon visage d’un sourire un peu idiot. Il y a aussi ces amitiés si fortes qu’elles se mêlent d’amour sans qu’on les y ait invitées. On aime trop en même temps aussi, on aime à s’oublier. Mais au final l’amour c’est quoi? Des scientifiques l’ont décrit comme un bouleversement hormonal passager (ce moment ou l’on pense que l’on ne peut pas se passer de l’objet de son désir). Car il s’agit bien de désir, quel qu’en soit l’aboutissement. Cette personne, on en a besoin, s’en passer relève de la torture. Proust a décrit l’amoureux comme un malade sous dépendance, comme un drogué. La lutte de Swann pour cesser de souffrir ressemble à une cure de désintoxication! Il se dit « guérit » quand il se rend compte qu’Odette désormais l’indiffère. L’amour peut cesser donc. Mais aussi, je crois qu’on peut aimer quelqu’un toute sa vie mais je ne pense pas qu’il existe un seul amour pour toute une vie. Parce que c’est un sentiment vivant qui évolue et se transforme, qui permet certaines choses et en interdit d’autres. Un seul amour pour toute une vie relève du dogme, c’est une utopie culturelle que l’on nous a enfoncé dans le crâne dès l’enfance. C’est une illusion héritée de la culture dominante (il suffit d’allumer un poste de télé pour s’en rendre compte). Nous nous interdisons tant de choses de manière totalement inconsciente et c’est ce qui nous emmêle les pédales dès que l’ombre d’un sentiment pointe le museau (Si je ressens quelque chose d’aussi fort c’est que forcément… et là c’est le drame!) Au lieu de simplement accueillir les choses comme elles sont vraiment, non, on se doit de compliquer la situation histoire de ne pas trop s’éloigner de la communauté! Nous agissons donc perpétuellement sur un schéma réducteur qui fait de nous des esclaves à la merci des codes sociétaux. Pour pouvoir savoir ce qu’est vraiment l’amour, il faut donc s’affranchir totalement des principes hérités de notre société et qui, même lorsqu’on en a conscience viennent gâcher de grands possibles.

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