46 000 degrés centigrade de bitume
46 000 degrés centigrade de bitume, la boîte crânienne en déliquescence, la torpeur parisienne défroque les neurones au fil des verres qui imbibent le gosier. Les images sont aussi floues que les mouvements. Tangage et roulis. La moiteur appelle les contrées lointaines baignées d’eau chaude et iodée. Le cerveau vagabonde…. Touffeur : pénible ici et qui ressemble au bonheur là-bas. Le bonheur est toujours où l’on ne se trouve pas. Par la fenêtre, les énervés hululent pour 20 euros, ça se fritte, ça s’insulte par 46 000 degrés centigrade de bitume. Led Zep achève sa plainte et Kanka commence la sienne : « Bad minded people ». On se fritte partout, pour quelques millions ou pour quelques centimes, tout dépend de l ’échelle où l’on se situe. Dans la moiteur parisienne ou les contrées lointaines baignées d’eau chaude et iodée. Partir, c’est s’oublier soi mais ce n ‘est pas oublier où l’on va. Partir vraiment, c’est ne jamais pouvoir revenir vraiment. Partir, c’est changer un peu, beaucoup. 46 000 degrés centigrade de bitume, la boîte crânienne en déliquescence et le besoin de s’oublier qui tiraille dans tous les sens. Partir pour s’imbiber le gosier d’oubli. Partir pour prendre beaucoup et laisser si peu… l’égoïsme du voyageur occidental. Partir aussi loin qu’on le croit avec sa dose de culpabilité privilégiée. Tangage et roulis, comment noyer les saloperies ancestrales, débarrasser son âme des tortures d’antan. Plus blanc que blanc, plus noir que noir. Le monde part à la fritte universelle et le cerveau part en déliquescence par 46 000 degrés centigrade de bitume.
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